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Un adolescent de 14 ans identifié comme la victime d’une explosion lors d’une sortie scolaire autorisée dans une zone dangereuse près de la frontière

La sortie avait reçu les autorisations nécessaires alors que le secteur de randonnée n’avait pas été déclaré sûr

 
Les forces de sécurité et de secours israéliennes évacuent des blessés près du lieu où des munitions non explosées présumées ont détoné lors d’une sortie scolaire, tuant un élève de 14 ans et en blessant 19 autres, près du kibboutz Yiftah, dans le secteur de la crête de Ramim, à proximité de la frontière israélo-libanaise, le 12 octobre 2026. (Photo : Ayal Margolin/Flash90)

La victime de 14 ans de l’explosion accidentelle survenue lundi lors d’une randonnée scolaire dans le nord d’Israël a été identifiée comme étant Elazar Yair Wilensky, un élève de troisième originaire de Ma’alot-Tarshiha.

Plus jeune d’une fratrie de cinq enfants, Wilensky a été décrit par sa famille comme « un enfant plein de vie. Intelligent et brillant, débordant de joie, un ami fidèle et apprécié, avec tout son avenir devant lui ».

Les premières investigations ont révélé que l’un des élèves, vraisemblablement Wilensky, aurait ramassé une munition non explosée pendant une pause. Celle-ci aurait ensuite détoné. Les enquêteurs soupçonnent qu’il s’agissait d’une sous-munition provenant d’une bombe à sous-munitions tirée par le Hezbollah sur Israël à un moment donné au cours de la guerre en cours.

Selon un reportage de Galei Tsahal diffusé mardi, le secteur où s’est déroulée la randonnée n’aurait pas été correctement déminé après les récents combats, alors même que l’établissement scolaire avait obtenu toutes les autorisations nécessaires. Le ministère de l’Éducation a toutefois affirmé que l’itinéraire de randonnée approuvé ne prévoyait pas de pénétrer dans la zone considérée comme dangereuse.

Mardi, cinq enfants hospitalisés au centre médical Ziv, à Safed, se trouvaient toujours dans un état grave, selon les médias. Parmi eux, l’un était sous sédation et placé sous assistance respiratoire. Au total, 24 élèves et enseignants ont été blessés dans l’explosion.

Lundi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de l’Éducation Yoav Kisch ont rendu visite à plusieurs blessés soignés à l’hôpital Rambam, à Haïfa.

Eitan Masauri, 14 ans, blessé au cou par des éclats, a raconté au Premier ministre : « Il a dévissé l’objet, puis il a explosé ; les garçons ont été projetés en arrière. Il y a eu un moment de sidération, pendant environ deux secondes, puis on m’a dit que je saignais. J’ai compris que je saignais du cou. J’ai réalisé que j’étais blessé ; j’ai vu qu’un ami l’était aussi et j’ai essayé de l’aider. »

Le bureau de Netanyahou a indiqué que le Premier ministre avait ordonné au Commandement du front intérieur de Tsahal de renforcer les consignes et les avertissements destinés au grand public. Il a notamment insisté sur l’interdiction absolue de toucher des munitions non explosées et sur la nécessité de mener des recherches approfondies pour localiser les engins encore présents.

Les autorités ont lancé de vastes campagnes de sensibilisation, appelant la population à se tenir à l’écart des munitions non explosées ou abandonnées, ainsi que de leurs fragments, et à contacter immédiatement la police.

À la suite de l’incident, le ministère de l’Éducation a annoncé que les sorties en groupe prévues dans les prochains jours le long de la frontière libanaise seraient déviées vers d’autres itinéraires.

Le ministère a également indiqué avoir « renforcé » les consignes de sécurité, en insistant notamment sur la prudence à observer face aux munitions dans tout le pays.

Selon la police, la sortie avait obtenu toutes les autorisations nécessaires pour accéder au secteur de la crête de Ramim, près de la localité de Manara.

Cependant, le président du Fonds national juif (KKL-JNF), Eyal Ostrinsky, a déclaré mardi matin à Galei Tsahal que la zone forestière du doigt de Galilée, dans la Haute Galilée, où se déroulait la randonnée, « n’a pas été sécurisée en raison de problèmes liés aux infrastructures, aux arbres brûlés, et parce que nous n’avons pas encore terminé les travaux nécessaires ».

« Jusqu’en juin dernier, il était impossible d’y effectuer le moindre travail. Ce n’est que le 22 juin que nous avons commencé à préparer cette forêt en vue de sa réouverture. À l’exception de la route elle-même, essentielle aux forces de sécurité, toutes les autres zones sont encore en cours d’aménagement », a expliqué Ostrinsky.

« Nous avons transmis ces informations à tous nos partenaires. À ma connaissance, elles ont également été reçues par le centre de situation du ministère de l’Éducation, géré par la Société pour la protection de la nature en Israël. Récemment, ses représentants ont aussi demandé au KKL-JNF si le site avait rouvert. La réponse était non », a-t-il ajouté.

Galei Tsahal a précisé que le bureau de coordination des sorties scolaires du ministère de l’Éducation indique que « les sorties sur ce site sont interdites en raison des travaux de réhabilitation faisant suite aux dégâts causés par la guerre ».

Le ministère de l’Éducation a contesté cette version des faits, affirmant que l’itinéraire de la randonnée ne traversait pas la zone interdite. Il a également soutenu que « des consignes de sécurité explicites avaient été communiquées, notamment l’interdiction absolue de toucher des missiles ou des munitions non explosés, ainsi que l’obligation de signaler immédiatement la présence de tels engins ».

« Les circonstances de l’incident et l’itinéraire réellement emprunté font actuellement l’objet d’une enquête menée par Tsahal et la police, en coopération avec le ministère de l’Éducation et les autorités professionnelles compétentes. »

Le correspondant militaire de Galei Tsahal, Doron Kadosh, a commenté l’affaire en soulignant que « des munitions non explosées peuvent se trouver partout, y compris dans de nombreuses zones dégagées et dans des endroits qui semblent accessibles au public et ouverts aux randonneurs, et qui auraient été, en théorie, “déminés” par les forces de sécurité ».

« Par conséquent, un incident comme le drame survenu hier sur la crête de Ramim aurait théoriquement pu se produire dans de nombreuses autres zones accessibles aux randonneurs et au grand public. C’est précisément pour cette raison que la sensibilisation du public est essentielle : des agriculteurs aux civils qui partent en randonnée, en passant par les écoliers. Selon les estimations, des centaines, voire des milliers de munitions non explosées de différents types, datant des nombreuses années de combats récentes, pourraient encore se trouver dans le nord du pays », a déclaré Kadosh.

« J’ai le cœur brisé par cette terrible tragédie dans le nord », a déclaré le président Isaac Herzog lundi soir.

« Un élève qui avait quitté son domicile pour partir en excursion avec ses camarades de classe, pour une journée de découvertes au milieu des paysages de notre pays, ne retrouvera jamais les bras de sa famille. Aucun mot ne peut exprimer une telle douleur, et rien ne peut consoler d’une perte aussi terrible. C’est l’un des lourds et douloureux prix de la réalité sécuritaire complexe à laquelle Israël est confronté, une réalité qui laisse sa marque même dans des lieux où nos enfants devraient être protégés et en sécurité, libres de voyager, d’explorer et de profiter de la vie », a-t-il poursuivi.

« J’adresse mes plus sincères condoléances à la famille qui a perdu ce qu’elle avait de plus cher. Je lui témoigne tout mon soutien dans cette épreuve et prie pour la sécurité et le rétablissement de toutes les personnes blessées », a ajouté Herzog.