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Nouvelle polémique autour du « Qatargate » : l’opposition attaque Netanyahou après les révélations sur une campagne pro-Qatar menée avec ChatGPT par son ancien conseiller

Eisenkot : « La corruption » dans l’entourage de Netanyahou « nous coûte des vies »

 
Yonatan Urich à l’issue d’une audience portant sur le refus du journaliste Omri Assenheim de remettre à la police des documents issus d’une émission qu’il a consacrée à Eli Feldstein. La Cour de district avait estimé que le secret journalistique ne s’appliquait pas à cette affaire. La scène se déroule à la Cour suprême, à Jérusalem, le 30 mars 2026. (Photo : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est de nouveau sous le feu des critiques après de nouvelles révélations concernant l’affaire dite du « Qatargate ». Son ancien proche conseiller, Yonatan Urich, est accusé d’avoir participé à une campagne de relations publiques visant à améliorer l’image du Qatar.

Lundi, Channel 12 News a révélé de nouveaux éléments issus de l’interrogatoire policier d’Urich. Selon la chaîne, celui-ci aurait utilisé ChatGPT pour trouver des idées destinées à améliorer l’opinion publique à l’égard du Qatar, un pays que de nombreux responsables politiques israéliens qualifient d’État ennemi en raison de son soutien à l’organisation terroriste Hamas.

Les faits rapportés remonteraient à septembre 2024, près d’un an après le début de la guerre. Urich avait précédemment affirmé que ses activités de relations publiques pour le Qatar se limitaient à la Coupe du monde de football de 2022 et qu’elles avaient eu lieu uniquement lorsque Benjamin Netanyahou était dans l’opposition.

Lors de son interrogatoire, il aurait assuré n’avoir « absolument rien à voir avec cette affaire » concernant une éventuelle campagne pro-Qatar menée pendant la guerre.

Toutefois, selon Channel 12, les enquêteurs lui auraient présenté des traces de ses requêtes sur ChatGPT, notamment des « demandes adressées à ChatGPT, que vous avez utilisé à plusieurs reprises pour élaborer un “plan stratégique visant à modifier la perception mondiale” du Qatar ».

D’après le média, l’une des requêtes était formulée ainsi :

« Je demande des idées supplémentaires pour améliorer l’image du Premier ministre qatari et de l’émir du Qatar, ainsi que trois messages clés destinés aux publics cibles — les citoyens israéliens, les communautés juives du monde entier et les leaders d’opinion aux États-Unis — qui pourraient contribuer à blanchir l’image du Qatar et à améliorer sa réputation. »

Urich aurait répondu aux enquêteurs : « Je ne me souviens pas de ce que j’ai demandé au chatbot. Je lui pose des questions sur de nombreux sujets. Je n’ai mené aucune action au nom du Qatar en Israël, ni auprès des médias israéliens, ni auprès des citoyens israéliens, ni auprès du Premier ministre. »

Sur le réseau social 𝕏, il a soutenu que plusieurs journalistes connaissaient déjà ces informations, « mais aucun d’entre eux n’a jugé utile de mentionner mes requêtes sur ChatGPT, parce que je n’en ai rien fait. C’est également ce que l’enquête a démontré ».

Ces nouvelles révélations ont fourni de nouveaux arguments aux dirigeants de l’opposition, qui présentent Netanyahou et son entourage comme un risque pour la sécurité nationale depuis l’éclatement de l’affaire du Qatargate.

Le président du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a notamment souligné qu’Urich travaillait toujours au sein du bureau du Premier ministre.

« Un agent qatari a opéré — et continue d’opérer — au sein du bureau du Premier ministre, où il s’est livré à une forme de terrorisme psychologique contre les citoyens israéliens. Un Premier ministre raisonnable et compétent aurait annoncé ce soir le licenciement immédiat d’Urich, condamné ses actes et définitivement interdit à celui-ci l’accès à toutes les instances. Cette pourriture nous coûte des vies », a-t-il déclaré.

« Ce soir, nous avons reçu une nouvelle preuve que la main qui a financé les terroristes de la Nukhba, qui nous ont massacrés, est la même que celle qui a financé l’homme le plus proche du Premier ministre », a accusé Naftali Bennett, dirigeant du parti Yachad.

« Il s’agit de la plus grave affaire de trahison de l’histoire du pays : depuis le Saint des Saints — le bureau du Premier ministre — et en pleine guerre, des efforts ont été déployés pour blanchir l’image de notre ennemi le plus dangereux, le Qatar », a-t-il ajouté.

Avigdor Liberman, président du parti Israel Beiteinu, a pour sa part annoncé qu’il exigerait, sous le prochain gouvernement, l’ouverture d’une enquête visant le bureau du Premier ministre pour « trahison envers l’État d’Israël en temps de guerre ».

Ces dernières semaines, Yonatan Urich a fait à plusieurs reprises la une des médias israéliens. Il y a environ deux semaines, le quotidien Haaretz a rapporté qu’il avait utilisé le modèle d’intelligence artificielle Claude, développé par Anthropic, pour créer un outil de veille recueillant des informations provenant de 50 sources d’actualité toutes les 90 secondes, notamment au sujet de Netanyahou et de son épouse.

Selon le journal, cet outil d’intelligence artificielle aurait toutefois entraîné une faille de sécurité après qu’Urich eut téléversé son code non chiffré sur GitHub, une plateforme de partage de code, le rendant ainsi accessible au public. Des informations confidentielles auraient été exposées, notamment les numéros de téléphone privés de hauts responsables.

Plus tôt cette semaine, Urich a confirmé que son compte WhatsApp avait été piraté, après la diffusion de messages révélant des échanges entre lui et plusieurs personnalités publiques, dont Amit Segal, journaliste à Channel 12.

Outre le Qatargate, Urich est également soupçonné dans l’affaire dite du « Bild » ou des « documents divulgués ». Cette affaire porte sur la fuite présumée de renseignements volés et sélectionnés à destination du quotidien allemand Bild, dans le but apparent d’améliorer l’image publique de Netanyahou après le meurtre de six otages israéliens par le Hamas alors qu’ils étaient retenus en captivité.