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Israël condamne l’attaque meurtrière des Houthis contre un aéroport saoudien, alors que Washington envisagerait de demander à Israël de frapper au Yémen

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane se réfugierait dans des bunkers face aux frappes des Houthis et chercherait des options pour riposter

 
Vue aérienne de l’aéroport international de Riyad (RUH), en Arabie saoudite. Riyad, Arabie saoudite, 15 février 2023. (Photo : Shutterstock)

Dans un contexte d’escalade du conflit entre les Houthis au Yémen et l’Arabie saoudite, la Maison-Blanche aurait demandé à Israël d’aider le royaume en menant des frappes aériennes contre ce groupe soutenu par l’Iran. Selon certaines informations, Washington aurait refusé de participer à la campagne militaire saoudienne, par crainte des répercussions sur les prochaines élections américaines de mi-mandat.

Dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a condamné une frappe des Houthis contre l’aéroport international du roi Khaled, à Riyad, qui a fait 13 morts. Il s’agit de la frappe la plus meurtrière perpétrée jusqu’à présent contre le royaume.

« Au nom du peuple israélien, j’adresse nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et souhaite un rétablissement complet aux blessés », a déclaré Netanyahu. Il a appelé à un Moyen-Orient qui « fasse front commun face aux menaces, protège ses populations et bâtisse un avenir fondé sur la sécurité, la coopération et la prospérité pour tous les peuples de notre région ».

Parmi les 13 victimes de cette frappe de missile balistique figuraient un citoyen américain et un Palestinien. Plus de 300 autres personnes ont été blessées. Depuis, les Houthis ont poursuivi leurs attaques, notamment en lançant une nouvelle frappe contre l’aéroport.

Le président américain Donald Trump a déclaré aux journalistes que les États-Unis envisageaient de rejoindre la campagne militaire saoudienne. Selon certaines informations, Trump aurait repoussé deux demandes de soutien militaire de l’Arabie saoudite le mois dernier. Il a déclaré : « C’est possible. Nous allons examiner la question. Nous venons tout juste d’apprendre la dernière attaque, nous allons donc prendre une décision. Nous agissons très rapidement. »

Toutefois, Ynet News a rapporté lundi que des responsables américains discutaient de la possibilité qu’Israël apporte son aide aux Saoudiens, contrairement à de récentes informations selon lesquelles Washington souhaitait qu’Israël lance une nouvelle frappe contre le régime iranien.

La Maison-Blanche chercherait à éviter de s’engager dans de nouvelles opérations militaires à l’approche des élections américaines de mi-mandat, prévues début novembre.

Selon cette information, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, aurait averti ses homologues américains qu’une opération israélienne risquerait de provoquer une nouvelle escalade, tant au Yémen qu’éventuellement avec l’Iran, qui soutient les Houthis.

Il a également réitéré son avertissement selon lequel ce conflit pourrait entraîner un report à une date indéterminée des prochaines élections israéliennes, actuellement prévues le 27 octobre.

Les dirigeants de l’opposition israélienne ont accusé Netanyahu de chercher à provoquer une escalade militaire afin d’influencer les élections, voire d’en empêcher la tenue. Mardi, le président du parti Les Démocrates, Yair Golan, a notamment déclaré : « Il ne fait aucun doute qu’il tentera de perturber le processus démocratique avant les élections et le jour du scrutin. »

« Ce qui s’est passé aux États-Unis le 6 janvier 2021 pourrait tout à fait se produire ici aussi », a averti Golan.

Netanyahu lui-même a mis en garde contre la possibilité que les ennemis d’Israël cherchent à perturber les élections en lançant des attaques de grande ampleur. Selon Ynet News, l’appareil de défense israélien reste en état d’alerte permanent face au risque de nouvelles escalades, notamment avec l’Iran.

L’article précise également que la Direction du renseignement militaire de Tsahal travaille en permanence à l’élaboration d’une vaste liste de cibles en Iran, en se concentrant sur les capacités balistiques, les systèmes de frappe, le renforcement militaire et les installations liées au programme nucléaire iranien.

Pendant ce temps, certaines voix en Israël continuent d’appeler le gouvernement à profiter de la situation précaire de l’Arabie saoudite pour relancer le processus de normalisation des relations entre les deux pays, en proposant un soutien militaire à Riyad.

Selon un article détaillé du Wall Street Journal, l’escalade récente du conflit à la frontière sud de l’Arabie saoudite affecte considérablement les perspectives économiques du royaume et menace de faire basculer son économie dans la récession.

Alors que le système de défense aérienne semble rencontrer d’importantes difficultés face aux attaques de missiles balistiques et de croisière des Houthis, le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) alternerait entre plusieurs palais équipés de bunkers, sous la protection d’une équipe de sécurité triée sur le volet, ont indiqué des responsables au quotidien.

Les ambitieux projets économiques de MBS pour l’avenir du royaume semblent désormais compromis. Plusieurs projets phares ont été réduits ou annulés à la suite des différentes phases du conflit avec l’Iran, puis avec les Houthis.

L’Arabie saoudite a renoncé à accueillir les Jeux asiatiques d’hiver de 2029, tandis que l’Exposition universelle de 2030 et la Coupe du monde de football de 2034 restent au programme. Par ailleurs, l’économie non pétrolière du pays s’est contractée au deuxième trimestre 2026, selon Capital Economics. Les investissements étrangers ont également reculé au premier semestre de l’année, et le ministère saoudien des Finances prévoit une contraction du PIB de 3,6 % en 2026.

Les dernières attaques des Houthis menacent désormais de paralyser le trafic aérien dans l’ensemble du royaume. L’aéroport international du roi Khaled, à Riyad, a déjà été frappé à quatre reprises.

Cette pression croissante contribue à expliquer les demandes d’assistance de l’Arabie saoudite adressées aux États-Unis, à ses partenaires de l’alliance de La Mecque, la Turquie et le Pakistan, ainsi qu’à d’autres pays de la région. Riyad a également pris contact avec plusieurs pays de la région au sujet d’un éventuel déploiement de troupes. Toutefois, des analystes estiment que la recherche d’un soutien militaire comporte elle-même des risques.

Kristian Ulrichsen, spécialiste du golfe Persique et chercheur à l’Institut Baker de l’université Rice, a déclaré au Wall Street Journal : « Toute riposte militaire risque d’entraîner les pays concernés plus profondément dans un conflit asymétrique, dans lequel les Houthis ont démontré leur capacité à infliger des dégâts considérables, tant sur le plan matériel que symbolique. »

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