Baisse alarmante du soutien populaire américain à Israël – sondage
Le soutien populaire en faveur d’Israël aux États-Unis est en net recul, selon un sondage publié mardi par The Economist et YouGov : près de la moitié des personnes interrogées estiment que le Premier ministre Benjamin Netanyahou devrait être arrêté lors de sa visite aux États-Unis, et environ la moitié pense qu’il est coupable de crimes de guerre dans le conflit contre le Hamas à Gaza.
Ce sondage a également mis en évidence un profond clivage partisan sur la question d’Israël, les démocrates étant bien plus enclins que les républicains à soutenir l’arrestation de Netanyahou et à lui imputer la responsabilité de la détérioration des relations entre Washington et Jérusalem.
Ces résultats interviennent alors que des sondages plus généraux montrent que l’attitude des Américains envers Israël est devenue de plus en plus négative ces dernières années.
Quarante-neuf pour cent des personnes interrogées ont déclaré que Netanyahou devrait être arrêté lors de son séjour aux États-Unis, en vertu du mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale de La Haye. 27 % ont estimé qu’il ne devrait pas être arrêté, tandis que 23 % étaient indécis.
Lorsqu’on a demandé aux personnes interrogées si elles pensaient que Netanyahou était coupable de crimes de guerre dans le cadre de la guerre menée contre le Hamas à Gaza, environ la moitié a répondu par l’affirmative, bien que les analystes se soient empressés de souligner que la formulation d’une question dans les sondages peut avoir une grande influence sur les réponses des personnes interrogées.
Alors que Netanyahou était en visite à Washington cette semaine, le sondage a interrogé les personnes interrogées sur son voyage prévu en septembre à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies.
Le maire de New York, Zohran Mamdani, avait fait de ses critiques envers Israël et de ses promesses d’arrêter Netanyahou s’il venait à New York un élément central de sa campagne électorale. Il a par la suite publié une vidéo dans laquelle il reconnaissait ne pas disposer de l’autorité légale nécessaire pour mener à bien une telle action.
En conséquence, certains analystes suggèrent que les résultats du sondage pourraient refléter des opinions concernant Mamdani autant que Netanyahu.
Netanyahu a, pour sa part, vivement critiqué Mamdani, ainsi que d’éminents dirigeants juifs de New York et d’ailleurs aux États-Unis, pour avoir fait naître un sentiment d’insécurité au sein de la population juive de la ville.
Mardi, Netanyahu a accordé une interview à Fox News dans laquelle il a accusé le maire de « les monter contre les Juifs de New York. « Mais enfin, on est où, dans les années 1930 ? »
Le sondage a également mis en évidence le fossé partisan qui se creuse au sujet d’Israël. Parmi les personnes interrogées estimant que Netanyahu devrait être arrêté, 68 % se déclaraient démocrates, contre 24 % de républicains et 55 % d’indépendants.
De même, 61 % des démocrates et 30 % des républicains ont déclaré que les actions de Netanyahu avaient nui aux relations entre Washington et Jérusalem.
Ces résultats s’inscrivent également dans les tendances générales des sondages. Une enquête réalisée en avril par le Pew Research Center a révélé que 60 % des Américains avaient une opinion défavorable d’Israël. Les républicains restaient plus enclins que les démocrates à avoir une opinion favorable d’Israël, mais le soutien avait diminué parmi les membres des deux partis par rapport à il y a trois ans.
L’hostilité croissante envers les Juifs dans les pays occidentaux, y compris aux États-Unis, a incité un nombre croissant de familles juives à envisager de faire leur alya (immigration juive vers Israël).
À la fin de l’année civile 2025, le rabbin Yehoshua Fass, directeur exécutif de Nefesh B’Nefesh, une organisation qui aide les Juifs américains et canadiens à faire leur alya, a déclaré : « Alors que nous clôturons cette année, nous sommes particulièrement encouragés d’avoir franchi le cap des près de 4 200 olim en provenance d’Amérique du Nord. Ces olim soulignent que l’aliyah n’est pas seulement une étape personnelle, mais une entreprise nationale et historique. »