Une ONG britannique menace d’engager des poursuites judiciaires contre la politique du Royaume-Uni visant à promouvoir la définition de l’antisémitisme de l’IHRA dans les établissements scolaires

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Des membres d’organisations de la communauté juive, notamment Campaign Against Antisemitism et Stop the Hate UK, participent à un rassemblement devant Downing Street, à Londres, le 10 mai 2026, pour appeler à agir afin d’« éradiquer l’antisémitisme ». (Photo : Carlos Jasso/Reuters)

L’ONG britannique The Good Law Project a annoncé son intention d’engager des poursuites contre le gouvernement du Royaume-Uni au sujet de sa politique encourageant les écoles et les établissements d’enseignement supérieur à adopter la définition de travail de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

Cette politique gouvernementale fait suite à un examen indépendant de l’antisémitisme dans les écoles et les établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre, dirigé par Sir David Bell. Publié le 21 octobre, ce rapport recommandait aux établissements scolaires et universitaires d’adopter la définition de travail de l’antisémitisme de l’IHRA. Il concluait que l’antisémitisme était largement répandu et devait être reconnu comme une forme spécifique de préjudice. Le rapport révélait également qu’un étudiant ou membre du personnel enseignant sur cinq avait personnellement été témoin d’un incident antisémite manifeste. Beaucoup avaient toutefois choisi de ne pas le signaler, estimant que les autorités compétentes ne prendraient pas les mesures nécessaires.

The Good Law Project a indiqué qu’après avoir consulté des parents et des étudiants palestiniens, ainsi que des universitaires, l’organisation avait décidé de contester officiellement cette politique et de demander des éclaircissements au gouvernement britannique.

« Notre décision d’engager ou non des poursuites dépendra de la réponse du gouvernement britannique. Mais si nous ne le faisons pas, nous partagerons à parts égales tout excédent financier entre Magical Breakfast et Medical Aid for Palestinians », a déclaré l’ONG dans un communiqué.

L’organisation a également rappelé que les établissements scolaires avaient l’obligation légale de ne pas « promouvoir des opinions politiques partisanes » et de protéger la liberté d’expression. Elle a ajouté qu’à ses yeux, les critiques « virulentes » contre les « actions épouvantables » d’Israël étaient « nécessaires dans une société moralement responsable ».

« Ainsi, les étudiants dont des membres de la famille ont été tués lors de la destruction par Israël de vastes zones de Gaza ne pourront-ils pas dire qu’Israël est un État raciste ou que ses actions rappellent la Shoah, le génocide perpétré contre les Juifs ? », ajoute le communiqué.

Cette dernière initiative de The Good Law Project intervient après plusieurs autres prises de position récentes de l’organisation, notamment son soutien affirmé au groupe interdit Palestine Action, qui conteste actuellement devant la Cour suprême britannique sa classification comme organisation terroriste.

Le Jewish Leadership Council (JLC) et le Community Security Trust (CST), les deux principales organisations faîtières chargées de représenter et de protéger la communauté juive britannique, doivent présenter leurs arguments devant la Cour. Ils souhaitent expliquer « pourquoi le maintien de l’interdiction de Palestine Action est important, non seulement pour la communauté juive, mais aussi pour l’ensemble de la société ».

Parmi les témoignages versés au dossier judiciaire lundi figure une requête du JLC et du CST affirmant que les Juifs britanniques sont « particulièrement vulnérables face aux activités violentes de Palestine Action (PA) ». Les deux organisations soulignent également que le groupe a ouvertement déclaré son intention de prendre pour cible des centres communautaires juifs, des synagogues et des commerces appartenant à des Juifs, dans le cadre d’actions de harcèlement et d’éventuelles attaques violentes.

Le JLC et le CST ont ajouté que la Cour d’appel avait « conclu à juste titre » que Palestine Action était une « organisation violente impliquée dans des activités terroristes, visant un large éventail de cibles, dont les actions sont souvent menées clandestinement, sans aucune considération apparente pour la retenue ou la proportionnalité, et dont les activités suivaient une trajectoire de gravité croissante et un champ d’action en expansion au moment de son interdiction ».

Ils ont enfin averti que si l’interdiction de Palestine Action était jugée disproportionnée et annulée, cela porterait gravement préjudice à la communauté juive.

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