Pour un temps comme celui-ci ? Six nouveaux députés à la Knesset endeuillés par le 7 octobre

La plupart sont proches de la droite ou du centre, tandis que quatre d’entre eux n’avaient aucun engagement politique connu avant le massacre

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De gauche à droite, dans le sens des aiguilles d’une montre : Sharon Sharabi, Omri Ronen, Tali Gvili, Michal Hirsch Negri, Shira Shapira et Rafi Ben-Shitrit. (Crédit photo : Flash90)

Les attaques du 7 octobre 2023 ont poussé de nombreux Israéliens à agir, ce jour-là et dans les mois qui ont suivi. Certains sont devenus des porte-parole de leurs proches retenus en otage à Gaza, faisant entendre leur voix en Israël et à l’étranger. D’autres ont créé des organisations ou lancé des projets commémoratifs après avoir perdu des membres de leur famille dans les attaques ou dans la guerre qui a suivi.

Israël est un pays si petit que, au-delà des clivages politiques et sociaux, rares sont ceux qui n’ont pas été touchés par cette journée. Mais les périodes de crise sont aussi propices à l’émergence de nouveaux dirigeants. Pour certains, cet engagement s’est traduit par une entrée en politique.

Parmi les nouveaux élus qui font leur entrée à la Knesset figurent six personnes dont le parcours politique a été façonné, de manières très différentes, par le 7 octobre.

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Portrait de Tali Gvili (Crédit photo : Avshalom Sassoni/Flash90)

Talik (Tali) Gvili

Tali Gvili est la mère du sergent-chef Ran Gvili, le dernier otage israélien à avoir été rapatrié de Gaza. Policier, Ran a été tué au combat le 7 octobre, après s’être précipité pour défendre la frontière israélienne. Des terroristes du Hamas ont enlevé sa dépouille, qui est restée à Gaza jusqu’à sa récupération, dans le cadre de l’opération Brave Heart, le 26 janvier 2026. Son retour a marqué la première fois depuis 2024 qu’aucun otage israélien ne se trouvait plus à Gaza. À Tel-Aviv, l’horloge de la place des Otages s’est alors arrêtée, après avoir comptabilisé 843 jours.

Avocate spécialisée en droit de la famille, Gvili s’est rapprochée du Forum Tikva, un mouvement de droite qui plaidait pour le retour de tous les otages « par des moyens qui renforcent l’État d’Israël et sa sécurité ». Cette position contrastait avec celle du Forum des familles des otages et des disparus, qui mettait l’accent sur la conclusion d’un accord immédiat, quel qu’en soit le prix, pour obtenir leur libération.

Gvili a ensuite rejoint le Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahou. Dans une vidéo de campagne, elle a présenté son entrée en politique comme un prolongement de la mission de son fils : défendre Israël. Elle a également apporté son soutien à Netanyahou, qu’elle a qualifié de « dirigeant fort » ayant tenu sa promesse de ramener Ran à la maison.

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Portrait de Rafi Ben-Shitrit (Crédit photo : Avshalom Sassoni/Flash90)

Rafael (Rafi) Ben-Shitrit

Rafi Ben-Shitrit a perdu son fils, Elroy Ben-Shitrit, soldat combattant, alors que celui-ci défendait la base militaire de Nahal Oz le 7 octobre.

Ben-Shitrit possédait déjà une solide expérience politique. Il a siégé au conseil municipal de Beit Shéan pendant plus de vingt ans, notamment en tant que maire de cette ville du nord d’Israël.

Il a fondé le Conseil du 7 octobre, une organisation qui représente des familles endeuillées et des survivants et qui réclame la création d’une commission d’enquête d’État sur les défaillances ayant entouré le massacre. Parmi ses membres figure notamment l’ancien otage Yarden Bibas.

Ben-Shitrit a rejoint le parti de droite Israël Beitenou, dirigé par Avigdor Liberman et membre du Bloc du changement opposé à Netanyahou. Il a qualifié Liberman de candidat le plus digne et le plus expérimenté, estimant qu’il était « resté fidèle aux valeurs et à l’idéologie de la droite ». Il a également évoqué les mises en garde lancées par Liberman avant le 7 octobre au sujet d’une possible catastrophe à la frontière de Gaza.

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Portrait de Sharon Sharabi (Crédit photo : Yossi Aloni/Flash90)

Sharon Sharabi

Sharon Sharabi a lui aussi rejoint le parti Israël Beitenou après un drame familial devenu emblématique de la crise des otages.

Son frère Yossi a été enlevé au kibboutz Beeri, puis tué alors qu’il était détenu par le Hamas. Un autre de ses frères, Eli, a été pris en otage avant d’être libéré dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu en février 2025. Ce n’est qu’après sa libération qu’il a appris que son épouse et leurs deux filles avaient été assassinées à leur domicile le 7 octobre.

Son identité religieuse pourrait sembler peu compatible avec la ligne traditionnellement laïque d’Israël Beitenou. Pourtant, lorsqu’il a annoncé, en mai dernier, sa décision de rejoindre le parti, il a qualifié Liberman de « véritable dirigeant de droite ». Il a également souligné que celui-ci avait mis en garde contre le Hamas avant le 7 octobre et appelé à l’élimination de l’organisation terroriste.

Selon Sharabi, Israël Beitenou incarne ce qu’était autrefois le Likoud : un parti « national, responsable et axé sur la sécurité ».

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Portrait de Shira Shapira (Crédit photo : Yonatan Sindel/Flash90)

Shira Shapira

Se rapprochant du centre droit, Shira Shapira a rejoint le parti Yashar de Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de Tsahal. Cette formation fait également partie du Bloc du changement.

Shapira est la mère du sergent-chef Aner Shapira, tué le 7 octobre après avoir repoussé à plusieurs reprises des grenades lancées par le Hamas dans un abri anti-bombardement situé au bord d’une route, près du festival de musique Nova. Son courage a contribué à sauver les personnes qui s’y étaient réfugiées.

Architecte et urbaniste de formation, Shapira a récemment occupé le poste de directrice générale adjointe du programme Tekuma au ministère du Patrimoine. Elle a également créé une fondation destinée à commémorer l’héroïsme de son fils.

Le profil de Shapira sur le site de Yashar présente cette combinaison d’engagement au service du public et de perte personnelle comme le fondement d’un nouveau sens des responsabilités et d’une nouvelle mission depuis le 7 octobre.

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Portrait de Michal Hirsch Negri (Crédit photo : Flash90)

Michal Hirsch Negri

Dans le camp de centre gauche, Michal Hirsch Negri a rejoint le parti B’Yachad, dirigé par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, aux côtés de Yaïr Lapid.

Son fils, Roee, a été tué au combat au kibboutz Beeri le 7 octobre. Éducatrice et ancienne directrice générale de la municipalité de Raanana, Negri a confié à Reuters que son fils avait déclaré à son unité de réserve, ce matin-là : « Nous ne regardons pas les corps. Nous sommes ici pour sauver des gens. Nous sommes ici pour sauver notre pays. »

Elle affirme que ces mots restent gravés dans son cœur, tout comme l’approche de Roee, qui consistait à « réparer les choses ». Une philosophie qu’elle s’efforce désormais de mettre en pratique dans la vie publique.

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Portrait d’Omri Ronen (Crédit photo : Yonatan Sindel/Flash90)

Omri Ronen

À gauche de l’échiquier politique, l’avocat et réserviste Omri Ronen a fait son entrée à la Knesset avec le parti Les Démocrates, dirigé par Yaïr Golan.

Contrairement aux cinq autres nouveaux élus, Ronen était déjà engagé dans l’action militante avant le 7 octobre. Il était l’un des dirigeants de Frères et Sœurs d’armes, un mouvement qui a également organisé des manifestations contre la réforme judiciaire du gouvernement.

Le 7 octobre, Ronen a combattu le long de la frontière sud d’Israël. Sa grand-mère, Nina Ronen, figure pionnière du kibboutz Kfar Aza, a été assassinée à son domicile avec son aide-soignante philippine, Angelyn Aguirre.

S’adressant aux journalistes à la Knesset en février, au moment d’annoncer son entrée en politique, Ronen a qualifié les élections de « plus décisives de l’histoire d’Israël ». Selon lui, le pays a besoin de personnes prêtes à « prendre en main leur destin ».

Ces mots pourraient tout aussi bien décrire les six nouveaux élus. Du Likoud au parti Les Démocrates, chacun a tiré une leçon politique différente du 7 octobre. Mais tous ont choisi de s’engager dans la vie politique nationale et de participer à façonner l’avenir d’Israël en cette période décisive.

Au-delà de ces six nouveaux venus, les députés qui retrouvent leur siège à la Knesset, Gadi Eisenkot, Moshe Feiglin et Bezalel Smotrich, ont eux aussi subi des pertes personnelles dans la guerre contre le Hamas depuis le 7 octobre. Ils rejoignent ainsi de nombreux autres parlementaires israéliens endeuillés lors de conflits antérieurs ou d’attentats terroristes.

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