Répondre aux accusations par une parole de vérité et de paix : « Appel de chrétiens et de juifs pour une parole de discernement et de paix. »
L’antisémitisme n’est pas nouveau, hélas ! Réapparu en force après la victoire d’Israël lors de la guerre des 6 jours en 1967, il a explosé dès les massacres du 7 octobre par le Hamas, comme si une vanne, longtemps fermée, avait été ouverte.
Ainsi, les actes antisémites quotidiens, partout dans le monde, soulignent la pertinence des études qui prédisent des vagues d’alyah massives, jusqu’au départ de « tous de Juifs de France et d’Europe ». (« La fin des Juifs de France », étude dirigée par le Rav Dov Maïmon, directeur de recherche au Jewish People Policy Institute de Jérusalem).
L’Eglise concernée. Sur le terreau de la prétendue « théologie du remplacement », la guerre à Gaza s’est invitée dans toutes les communautés chrétiennes, partagées entre les condamnations contre Israël et le silence, avec ses malaises. Récemment, des « patriarches et chefs des Églises de Jérusalem » ont dénoncé « le sionisme chrétien » comme une « idéologie néfaste » qui divise l’Eglise...
Non au silence. « Face à cela, il ne suffisait pas de se taire. Car lorsqu’une seule voix se fait entendre, elle finit par passer pour la voix officielle de l’Église. » (Dov Maïmon)
L’« Appel de chrétiens et de juifs pour une parole de discernement et de paix », traduit en plusieurs langues, s’adresse aux responsables religieux et à tous les croyants, chrétiens et Juifs. Il est cosigné par Dov Maïmon.
Devant la gravité de la situation, les signataires ont fait le choix de diffuser l’appel par l’intermédiaire d’un site spécialisé dans les pétitions afin d’obtenir un écho important.
Un appel catholique ? Le texte est marqué de l’empreinte de ses initiateurs et rédacteurs. Pour autant, le fond des propos, avec l’équilibre et la mesure dans le traitement de ce qui touche à la situation au Proche-Orient, peut recevoir l’assentiment de tout chrétien soucieux de vérité et attentif au regard que Dieu porte sur les hommes, créés à Son image.
Extraits de l’appel :
« Nous, membres de communautés juives et chrétiennes, vivant en Israël ou ailleurs, engagés dans le dialogue, exprimons notre profond bouleversement et notre compassion devant les souffrances humaines provoquées par les massacres du 7 octobre 2023 et par la violence qui s’est ensuite déployée dans la région, frappant durement les populations juives et palestiniennes. Nous condamnons les violences terroristes aveugles visant indistinctement les civils —femmes et enfants— quels qu’en soient les auteurs. Ces souffrances sont aujourd’hui alourdies par leur instrumentalisation au service de discours idéologiques qui troublent et entravent le discernement. Le fait que ceux-ci trouvent un écho jusque dans certains milieux chrétiens nous inquiète profondément et nous conduit à estimer nécessaire de prendre la parole.
Nous parlons en conscience, avec gravité et responsabilité. Cette souffrance nous atteint, nous oblige et nous engage moralement. Elle appelle des paroles justes, mais aussi une vigilance accrue dans la manière même de parler (...)
Nous sommes particulièrement troublés par l’usage répété du terme de génocide, véhiculé y compris dans des milieux et médias chrétiens, comme affirmation définitive contre Israël (...)
Nous sommes également alarmés lorsque l’on essentialise le sionisme, l’État d’Israël et, par glissement, les Juifs en général, en les présentant comme intrinsèquement coloniaux, racistes ou criminels (...)
Il est essentiel, dans notre lecture des événements, de ne pas se laisser entraîner par l’émotion provoquée par les images et les récits, mais faire preuve d’un discernement attentif et d’une humilité constante, sans réduire la complexité humaine et historique à une opposition clivante absolue entre oppresseurs et opprimés (...)
Nous réaffirmons notre attachement indéfectible à la dignité et aux droits de toutes les populations de la région, dans la reconnaissance que chaque peuple porte une histoire, une vocation et une responsabilité propres (...)
Nous croyons que la justice sans vérité devient idéologie, et que la vérité sans amour devient violence.
En ces temps sombres, nous appelons les responsables religieux et les consciences croyantes à une responsabilité accrue. Nos paroles peuvent apaiser ou enflammer, ouvrir des chemins ou les fermer durablement. Fidèles à nos traditions respectives, nous choisissons de continuer à chercher ensemble une parole de vérité portée par la justice, éprouvée par le discernement et soutenue par l’amour sans lequel aucune paix véritable n’est possible. »
Une espérance fondée. Intervenant le 23 janvier sur Radio J, Dov Maïmon s’est montré très optimiste :
« Si j’en parle ce matin, chers auditeurs de Radio J, c’est aussi pour vous dire une chose essentielle : il existe dans le monde des centaines de millions de chrétiens qui aiment le peuple juif, qui prient pour lui, qui souhaitent son bonheur partout où il se trouve, et qui se réjouissent de le voir vivre librement et souverain sur sa terre, en Israël.
Cette réalité existe. Elle est souvent silencieuse.
Mais elle mérite, aujourd’hui plus que jamais, d’être entendue. »
Vigilants et actifs. Dans un monde soumis à l’agitation et à la violence, et où les menaces ont remplacé le dialogue, l’histoire nous a appris que les Juifs ont servi de variable d’ajustement lors des grandes décisions diplomatiques. Ne comptons pas sur une figure politique, quelle qu’elle soit, pour protéger Israël et les Juifs lorsque les tensions et les conflits iront à leur paroxysme. Ils n’ont qu’un seul protecteur : Yeshua, leur messie. Et pour un temps encore, ils n’ont qu’une seule voix pour annoncer la vérité et le salut : l’Eglise. Prenons donc très au sérieux notre responsabilité devant le Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Ne négligeons aucune opportunité d’être Sa voix, seule lumière au milieu des ténèbres qui viennent, et qui sont déjà là.
Texte complet de l’appel par les liens ci-après : en français ; en allemand ; en anglais ; en espagnol ; en italien
Bernard Leycuras anime des réseaux d’information et de prière pour Israël et pour la France.
Son cœur est pour une profonde restauration des relations de la France et de l’Eglise avec le
peuple Juif et avec Israël. Il travaille à réunir des œuvres qui sont la voix des chrétiens « Justes »
d’aujourd’hui