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En France, une commission parlementaire fait avancer un projet de loi élargissant les infractions liées à l’antisémitisme, sur fond de préoccupations concernant la liberté d’expression

Manifestation contre la loi Yadan près de l'Assemblée nationale à Paris, en France, le 20 janvier 2026. Des organisations pro-palestiniennes appellent à manifester pour dénoncer le projet de loi Yadan, considéré comme une menace pour les libertés de ceux qui soutiennent la cause palestinienne. (Photo : Riccardo Milani / Hans Lucas via Reuters)

La commission des lois de l'Assemblée nationale française a approuvé mardi, à une faible majorité, un projet de loi visant à élargir les lois contre l'antisémitisme afin d'y inclure certaines expressions antisionistes, la minimisation de l'Holocauste et le soutien indirect au terrorisme.

La proposition, présentée par la députée juive Caroline Yadan, a été adoptée par 18 voix contre 16 et sera désormais examinée en séance plénière. Elle a été soutenue principalement par la majorité au pouvoir et une partie de la droite, tandis que les députés de gauche se sont opposés à cette mesure.

Le projet de loi vise à élargir la législation existante dans trois domaines : criminaliser l'apologie implicite de l'antisémitisme en plus de l'approbation explicite ; assimiler l'apologie des auteurs à l'apologie des actes antisémites ; et traiter la minimisation ou la banalisation du terrorisme comme une forme d'approbation.

Le texte étendrait également les dispositions relatives au négationnisme afin d’y inclure la minimisation grossière ou la banalisation de la Shoah, et criminaliserait explicitement les comparaisons entre Israël et l’Allemagne nazie.

Une autre disposition créerait une nouvelle infraction consistant à appeler publiquement à la destruction d’un État reconnu par la France, au motif d’une atteinte au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, tel que consacré par la Charte des Nations unies. Cette mesure est largement interprétée comme visant des slogans tels que « du fleuve à la mer », lorsqu’ils sont compris comme niant l’existence d’Israël.

Dans l’exposé des motifs du projet de loi, Caroline Yadan affirme que l’antisémitisme en France s’exprime de plus en plus à travers l’hostilité envers Israël. « Aujourd’hui, la haine antijuive dans notre pays est alimentée par une haine obsessionnelle d’Israël », écrit-elle.

Des organisations juives ainsi que certains groupes pro-israéliens ont salué le texte, estimant qu’il prend en compte les formes contemporaines de l’antisémitisme et qu’il rapproche le droit français de cadres internationaux, notamment ceux faisant référence à la définition de travail de l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste).

À l’inverse, des organisations de défense des droits humains et plusieurs formations de gauche ont exprimé leurs inquiétudes quant à la portée du projet de loi. Elles estiment qu’il risque de brouiller la frontière entre l’antisémitisme et la critique de la politique du gouvernement israélien, et de pénaliser des propos ambigus, des slogans politiques, l’ironie ou certaines formes de discours militant.

La députée Gabrielle Cathala a déclaré que le projet de loi « ne permet pas de lutter contre l’antisémitisme », estimant qu’il protège la politique du gouvernement israélien plutôt que les communautés juives.

Le vote intervient dans un contexte de hausse signalée des actes antisémites en France et s’inscrit dans des années de débats politiques en France et en Europe sur la définition de l’antisémitisme et la régulation des discours liés à Israël. Le texte met en lumière de profondes divisions au sein du Parlement français, à l’approche de son examen en séance plénière.

Le Staff de All Israel News est une équipe de journalistes en Israël.

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